Culture judo : L’action des instances du judo pour les réfugiés et l’équipe olympique

Présents dans six catégories en individuel et lors de l’épreuve par équipe aux Jeux de Tokyo, les combattants de l’équipe olympique des réfugiés sont la partie la plus visible d’une action durable de la Fédération internationale de judo (IJF) en faveur des réfugiés.

Une action durable et louable

Depuis 2015, Dans le cadre de l’initiative « Judo for Peace », dans le camp de réfugiés de Kilis en Turquie, plus de 2000 enfants syriens ont pu pratiquer le judo en sécurité.

L’IJF soutient également des actions en faveur des réfugiés depuis fin 2016 dans le camp de Meheba (Zambie). A Meheba, à 700km de Lusaka, capitale de la Zambie, le judo, c’est aujourd’hui un vrai dojo utilisé par des centaines de jeunes judokas. Le judo et son code moral y sont utilisés comme un moyen d’intégrer les jeunes filles, de réduire la violence entre les sexes et de réduire les conduites à risque chez les jeunes.

Démonstration à Maheba, juin 2017 (source IJF).

L’IJF soutient également d’autres projets de ce type à destination des réfugiés au Malawi (camp de Dzaleka), en Afrique du Sud (Johannesburg), en Ethiopie et en Afghanistan.

Ces tous derniers jours, l’IJF et la Fédération allemande sont intervenues auprès des autorités allemandes afin que la judokate et entraîneuse afghane « Linna », puisse quitter l’Afghanistan dans le chaos de l’aéroport de Kaboul. Linna éduquait de nombreuses jeunes filles afghanes grâce au judo. Elle est à présent en Allemagne.

Jeunes judokates afghanes à Kaboul. Photo transmise par Linna et publiée sur le site de l’IJF.

Le haut niveau

L’action de l’IJF pour les réfugiés, c’est aussi, bien sûr, un programme de haut niveau.

Aux Jeux de Rio en 2016, deux judokas issus de la République démocratique du Congo et réfugiés au Brésil, ont pris part à la compétition pour l‘équipe des réfugiés : Popole Misenga en -90 kg et Yolande Mabika en -70 kg. Popole Misenga, qui était lors de la cérémonie d’ouverture porte-drapeau d’une délégation qui comportait 10 athlètes tous sports confondus, a réalisé à Rio une prestation remarquée, vainqueur de l’indien Singh au deuxième tour, puis battu au troisième tour après avoir opposé une belle résistance au Coréen Gwak, futur médaillé de bronze.

La victoire de Popole Minsenga contre l’indien Singh à Rio 2016

Régulièrement présents sur le World Tour et lors des championnats du monde grâce au soutien de l’IJF, les judokas l’équipe des réfugiés sont montés en puissance au cours de l’olympiade qui s’est conclue à Tokyo. Six judokas, trois femmes et trois hommes, ont été alignés à Tokyo : les syriens Sanda Aldass (-57 kg), Ahmad Alikaj (-73 kg) et Muna Dahouk (-63 kg), réfugiés aux Pays-Bas et en Allemagne, l’iranien Javad Majhoud (+100 kg), réfugié au Canada, Popole Misenga (-90 kg) et l’afghane Nigara Shaheen (-70 kg), réfugiée en Russie. Ces six judokas ont également pris part à l’épreuve par équipes mixtes. La prestation de Javad Majhoud a été particulièrement remarquée. D’une extrême humilité dans ses réactions après la compétition, Majhoud a dominé de manière autoritaire le solide allemand Frey au deuxième tour et a opposé une très belle résistance au futur champion olympique des +100 kg, le tchèque Krpalek, au troisième tour.

Javad Mahjoub contre Johannes Frey (source page Facebook de Javad Mahjoub).

Enfin, l’IJF a soutenu le judoka d’origine iranienne Saeid Mollaei (-81 kg), vice-champion olympique à Tokyo. Menacé, lui et sa famille, de représailles s’il refusait d’abandonner afin d’éviter d’avoir à combattre l’israélien Muki aux championnats du monde 2019, Mollaei a fui la République islamique d’Iran, a combattu sous la bannière de l’équipe des réfugiés au Grand Chelem d’Osaka, avant d’obtenir la médaille d’argent olympique sous la bannière de son pays d’accueil la Mongolie. Les judokas iraniens sont toujours à ce jour interdits de compétition internationale par l’IJF.

Saeid Mollaei à Tokyo.

Lecture complémentaire : interview de Popole Misenga (en anglais – 2021) : https://www.aljazeera.com/sports/2021/7/27/popole-misenga-refugee-olympic-team-tokyo

Bruno Roujon

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